BRCA2 Corps

Stronger

Jeudi soir. 18h. 21 mai. Assise non confortablement sur le divan. Le ciel est plus clair que ma vue. Pendant que ma fille glow de mille feux sur la scène, je brille par mon absence dans la salle de spectacle. J’aurais tellement voulu, mais… j’ai reçu l’appel.

Voilà qu’encore une fois mon cœur de maman qui s’écorche… Doux rappel que ma première opération, c’était à la rentrée scolaire. La première de ma fille au secondaire. Nice, ta mère se fait opérer cette journée, ça commence bien. Et là, c’est son spectacle final de danse 😭

2 jours plus tôt. Stronger en boucle dans ma tête. Étendue sur le dos, regard sur les gigas lampes style dentiste, les bras en croix, dans une salle froide, mais chaleureusement humaine où l’anesthésiste me flattait l’épaule, j’ai vécu une mastectomie bilatérale préventive avec reconstruction immédiate par prothèses permanentes. Nom aussi long que l’opération de 4 hrs qui désigne une intervention chirurgicale majeure (quand on emploie le mot « amputation », ça glace…) combinant l’ablation préventive des 2 seins et la pose directe d’implants en silicone sous le muscle.

On se revoit de l’autre côté de cette opération, c’est ce que m’a écrit mon Ami. C’est là que je suis rendue et ça me touche beaucoup. Finalement. Le stress est tombé, mais encore + le voile qui nuisait mes pensées quotidiennes qui venait avec le fait de porter ce gène BRCA2.

Je me suis réveillée avec l’adrénaline plus forte que la somnolence. Telle une championne de la Victoire, fière, je suis allée jusqu’au bout et j’ai réussi. Une bonne partie du moins.

Piqures, médocs, 4 drains 🫠… Niveau douleur, je me suis surprise moi-même à constater qu’un peu comme ma première intervention, « ça va ». Tylenol au 6 hrs, pour les 3 premiers jours et la douleur était en contrôle. Ce sont seulement les transitions qui sont un peu intenses… Les implants se retrouvent sous le pect… ce qui veut dire que c’est limité dans les mouvements.

Cette épreuve m’a fascinée de voir à quel point tous les moyens que j’entretiens dans ma vie, écrire, méditer, respirer, m’entrainer…ont été payants. 2hrs après mon réveil, j’avais fait mon pipi, ma mémoire était vive et j’étais assise sur une chaise face à mon chum avec la doudou de ma puce, en buvant mon p’tit jus de pommes.

L’hospitalisation a duré un dodo. Un dodo entrecoupé de prise de pression, température, antibiotique (pour 2 semaines), Tylenol, pipi… pas tant reposant, mais bon. Des siestes ici et là…avec méditation en bruit de fond, c’est préférable au bruit ambiant de l’hôpital.

Quand ma chirurgienne est venue me visiter avant ma sortie, elle s’est dit satisfaite de son travail (que j’ai découvert la semaine suivante et j’avoue avoir été ébranlée cette première rencontre…Le format est parfait, mais le sein droit est un peu magané, coloré avec ecchymoses ++. Ça devrait être beau dans quelques semaines.. 😉) et m’a mentionné de rester active, de marcher, de faire mes activités, mais modérément… Satisfaite aussi j’étais, elle commence à me connaitre!

Passons aux choses sérieuses, une question qui revient souvent : « Est-ce que c’est toi qui choisis la taille de tes seins? » … Disons que nous avons pris la décision ensemble puisqu’au redrapage, j’avais demandé une réduction. À cette étape-ci, c’est comme entrer une main dans un gant fait sur mesure. Donc, l’implant choisi, c’est selon sa morphologie qui, pour moi, est 365CC.

Mon garçon me disait : Maman, pourquoi tu vas écrire cet article? Toujours pour moi d’abord, mais aussi pour les autres qui passeront après moi. J’aurais été réconfortée de lire une histoire vraie de ce type et de savoir que tu peux prendre ton bain avec un fond d’eau, en t’accrochant les drains sur un foulard autour du cou. On s’en fout de ressembler à un sapin de Noël, au moins je sens bon. Ou encore qu’avoir une veste avec des poches internes, c’est l’idéal pour mettre ses drains pendant le jour, même que j’ai poussé l’expérience encore + loin en dormant avec une robe de chambre à l’envers pour pouvoir y insérer les drains.

La force de mon corps. De mon mental m’épatent. Et ça, je vous le dis toute de suite, j’ai vraiment intention de le garder toujours de l’Avant pour la suite. 

La palme d’Or dans cette épreuve, je la remets à mon cher mari. Maitre de la situation. Je retenais mes larmes en lui envoyant la main de ma civière, quittant pour le bloc. Je me suis sentie coupable à quelques reprises de lui faire vivre TOUT ça…Il a été champion lui aussi.

Merci à l’équipe extraordinaire qui a pris soin de moi au CHUM.

Je suis aimée. Je suis entourée. MERCI pour vos messages et attentions.

ME et son expérience, puisque chaque histoire est unique

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