Âme

Terre à terre

Je me parle. Sans cesse.

De « Bravo, t’es bonne! » quand j’ai besoin de la tape dans l’dos,

« n’oublie pas de descendre la poubelle », ou encore d’« aller acheter du papier de cul » pour le bien-être de la maisonnée à surtout, oui SURTOUT : « est-ce que mes enfants sont bien? », « j’espère qu’ils ont passé une belle journée? », « est-ce que j’en fais assez? », « est-ce que je suis trop? » … tout ça à voix haute, comme si je parlais à mes plantes!

Parlons-en, je crois que je réussis bien cette partie de ma vie, mes plantes, devenues pratiquement des arbres, poussent comme si j’habitais dans la jungle. Mon chum les nourrit, je les flatte…elles profitent de la chaleur et quiétude du foyer.

Le grand ménage du printemps a ébranlé mon cœur de maman. La journée du transplantage, j’ai vécu un petit orage par en dedans. Comme si, tout d’un coup, brusquement, je faisais face avec une réalité méconnue et pourtant : l’adolescence!

J’ai aimé, apprécié chaque stade de croissance de ma progéniture. J’avoue que celui où je me retrouve les 2 mains dedans, je le trouve déstabilisant.  (oui, oui, moi ME qui a travaillé avec des ados pratiquement toute sa vie…)

J’ai des enfants merveilleux. Un gars ainé. Une fille benjamine. 2 enfants. 2 sexes. Une éducation. 2 réalités.

Faire sa place, dans la jungle du secondaire. Je l’ai faite. On l’a fait. Je me rappelle que j’l’ai porté le masque, celui de vouloir entrer dans la gang. Celui de montrer un sourire fake « tout va bien » quand en dedans, j’avais mal. Celui de chercher sa place…et ben en masse. On dirait que je n’ai pas envie que ça leur arrive…

Il y a des soirs où je ne dors pas bien… où je sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas derrière un sourire, un regard fuyant ou une non-présence de corps et d’esprit.

Mon cœur de jardinière à l’envers, je repense à mon jardin secret que j’avais. À l’époque, (même si mon gars aurait bien aimé vivre dans les années 1970…) il en avait aussi des mauvaises herbes pis des pique-piques… il y avait des journées + sombres… La vraie vie quoi?!

Je leur parle, je me parle. L’importance de s’exprimer. De vivre ses émotions. Je leur donne de l’Amour. Beaucoup d’Amours. Même si on est rendu + au stade que le petit mot fraichement écrit dans l’agenda gosse plus qu’il réconforte… Je les flatte encore + que mes plantes. Je tente d’être une bonne jardinière. Présente, mais pas trop fatigante. Aimante, mais pas trop collante.

Peu importe les petites tempêtes qui ébranlent, j’ai l’intention de rester, terre à terre, les 2 pieds bien groundés et admirer fièrement mes enfants s’épanouir et grandir. Je suis celle qui sera toujours là pour offrir chaleur, douceur et ajuster le tuteur au besoin.  

On récolte ce que l’on sème, non?!

ME

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