Âme Collaboratrices

Nuit blanche

Je trouve cela très fatigant des nuits blanches. Que faire? Devrais-je rester au lit à tourner sans cesse en espérant que le sommeil assomme ma petite tête aux pensées virevoltantes? Ou devrais-je simplement me lever et me garder occupée pour m’évader de cette prison mentale angoissante? Je pourrais me lever et me dire que j’ai tout simplement un besoin d’être productive, mais cela serait tout simplement de l’évitement. L’évitement ne me permettrait pas de creuser à trouver la source fondamentale de l’angoisse qui hante mes pensées et m’empêche de dormir. Puis, je ne suis guère une personne qui s’enfuit. Alors, j’ai décidé à 4 h du matin de me rendre à la plage pour admirer le lever du soleil. Peut-être ses rayons illumineront quelques-uns de mes soucis. 

Quand j’y suis arrivée, il n’y avait personne. J’étais seule. Je ne ressentais point de la solitude. Au contraire, je ressentais plutôt un calme, un silence qui ne me dérangeait pas. Enfin, je pouvais me concentrer sur les pensées qui bourdonnent dans ma tête. Par où commencer ? Je me suis d’abord attardée sur les émotions vivant en moi, une à une. La peur — la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être en mesure de subvenir aux besoins du petit être qui grandit en moi. Le dégoût – le dégoût sournois envers mon image corporelle lorsque j’ai vu les premières apparitions de vergetures cicatrisées ma peau porcelaine. La tristesse — la tristesse de perdre un être cher, le deuil d’un amour éteint pour une personne qui n’est plus. La colère — la colère de tendre la main sans cesse pour offrir de l’aide ou de l’empathie pour une âme perdue et de n’être que brûler en retour. L’impatience — l’impatience à tenir ma petite dans mes bras, de la bercer et de lui donner tout l’amour qui déborde en moi. Cet ange qui s’agrippera et en voudra de cet amour sans la renoncer. La joie — l’immense joie a commencé ce nouveau chapitre d’être maman pour la première fois et de grandir pleinement avec ce petit être miraculeux que j’aime tant déjà. Puis, les premières lueurs de l’aube apparurent. Parfois, il suffit de regarder à l’intérieur pour estomper le brouillard. Au loin, je pouvais apercevoir que je n’étais plus seule à la plage. Une femme, vêtue de la tête aux pieds pour être à l’abri du vent marin tout comme moi, méditait au loin. J’étais émerveillée pour la bonté de ses gestes lents et gracieux. C’était si beau. Le bourdonnement de mes pensées s’est estompé et une paix intérieure s’est instaurée. J’étais bercée par le son des vagues de la mer atlantique et submergée d’une harmonie sereine entre mon cœur et ma tête. 

Mon chemin risque d’être ardu, mais tant et aussi longtemps que je suis en paix intérieure, je sais que j’aurai la force de persévérer. J’invite la paix, l’harmonie et la lumière dans mon être et je laisse aller toutes négativités qui ne m’apportent peu. Le présent ainsi que le futur m’appartiennent. Rien ne peut m’arrêter, rien ne peut me ralentir. 

Marika Stella

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