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“Je ne serai jamais vegan”

Il y a quelques mois encore, je disais que les personnes végétaliennes étaient vertueuses puisqu’elles adoptaient des habitudes qui étaient totalement cohérentes avec certaines de leurs valeurs.

Quand je mangeais avec mes amis vegans, je trouvais qu’ils avaient de la volonté. De la volonté de se priver de toutes ces saveurs qui contribuaient à mon bonheur gustatif.

Je me considérais beaucoup trop épicurienne pour adopter un tel mode de vie… La viande et les fromages étaient mes gâteries. Je n’avais aucune gêne à dire : “Je ne serai jamais vegan” puisque j’adorais mes festins remplis de protéines animales.

Et, un jour, à force de voir la fameuse image qui compare un chien à un cochon, j’ai décidé de m’informer plus sérieusement sur le mode de vie végétalien.

Pourquoi cette image m’a-t-elle interpelée plus qu’une autre?
Car, quand j’ai adopté mon chien, Jasper, à la SPCA, il y avait plusieurs chiens destinés à être mangés, qui venaient tout droit de la Corée, dans les cages voisines.

Je me souviens avoir dit à ma mère que c’était terrible, mais qu’il ne fallait pas juger les autres cultures puisque les animaux qu’on mange ici peuvent évoquer le même dégoût ailleurs dans le monde.

Mais, devant cette image de chien et de cochon, je me suis remise en question… Pourquoi valorise-t-on la vie de certaines espèces plus que d’autres?

J’ai décidé de m’informer. J’ai fait défiler des pages et des pages; mes yeux saignaient presque en lisant tous les impacts de l’industrie agroalimentaire sur notre environnement, sur notre santé ainsi que sur toutes les vies qu’on se permet de consommer.

À ce moment, j’ai compris qu’il était facile d’être cohérent avec nos valeurs lorsqu’on prenait le temps d’ouvrir les yeux sur les réalités de cette industrie et les conditions des animaux qui y sont exploités et/ou abattus. Ce n’est pas de la privation, mais plutôt d’avoir conscience de certaines choses.

Comment dire qu’on aime les animaux en se demandant si on va manger du veau ou de l’agneau qui sont loin d’avoir été cajolés?

Certes, les cochons sont intelligents comme des enfants de 3 ans, les vaches pleurent à chaudes larmes lorsqu’on leur arrache leur veau, les moutons reconnaissent plus de 50 visages et les expressions qui s’y dessinent.

On ne peut nier, que les animaux dont nous nous régalons ont des émotions et des sensations, car, comme nous, leur cerveau est connecté à leur système nerveux.

Alors, pourquoi faire subir de la souffrance quand nous avons le choix de l’éviter ?

Pour le plaisir de nos papilles?

C’est un peu absurde quand on se met à y penser … Prendre des vies dotées d’intelligence, de sentiments et de sensibilité pour satisfaire des besoins qui peuvent être comblés totalement différemment et même plus adéquatement.

En effet, plusieurs études affirment que de ne plus consommer de viande (sans être végétalien) évite 1/3 des maladies prématurées. La viande est donc, un plaisir éphémère au prix de plusieurs vies animales et de notre santé.

Lorsqu’on cesse de consommer des aliments produits grâce aux animaux notre empreinte écologique est très significative…

Ce qui est formidable pour notre avenir et, surtout, pour l’avenir de notre relève, voire des générations futures.

Cesser de manger de la viande, c’est de sauver plusieurs pieds de forêts tropicales utilisés pour produire la nourriture pour le bétail; vous réduisez la production d’ammoniac et, donc de précipitations acides néfastes pour notre planète; vous réduisez grandement la production de gaz à effet de serre puisque les élevages en produisent davantage que tous les moyens de transports réunis; vous assurez une utilisation plus responsable de l’eau puisque les bêtes et les céréales qu’elles consomment nécessite plusieurs centaines voire des milliers de litres d’eau avant d’arriver dans une assiette…Tout ça, chaque jour!

Or, ce n’est pas juste une question d’éthique envers les animaux, mais également environnementale.

Ce qui m’a heurtée aussi, c’est de savoir que, derrière la culture des céréales qui servent à nourrir les bêtes, travaillent des enfants et des adultes sous-alimentés qui n’ont pas un grand accès à l’eau potable. Sachant que 70% de l’eau douce est utilisée pour faire survivre cette industrie. Je trouve que d’acheter de la viande va à l’encontre du principe d’équité. Imaginez quels besoins pourraient combler toute cette eau?

Si vous prônez votre amour pour les animaux, l’écologie et l’équité, prenez 2 minutes pour regarder vos assiettes et pensez à l’histoire des aliments qui s’y trouvent …

La raconteriez-vous à vos enfants ?

À méditer.

Arielle
 

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